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12 – Physiologie : Le liquide céphalorachidien

Le liquide céphalorachidien

Anatomie

Le liquide céphalorachidien (LCR) est un liquide incolore dont la composition est très proche de celle du plasma. Il est contenu autour du système nerveux central, dans les espaces délimités par les méninges, ou à l’intérieur de celui-ci (dans les ventricules). Les méninges sont des membranes de protection au nombre de trois : la pie-mère est richement vascularisée et est collée à la surface du cerveau ; l’arachnoïde est une membrane très ne qui délimite un espace appelé « sous-arachnoïdien » dans lequel on trouve 150 mL de LCR ; la dure-mère est une membrane très solide. L’espace situé entre la dure-mère et l’arachnoïde (sous-dural) est très peu dilaté et ne contient donc pas de LCR. Au niveau de l’arachnoïde se trouvent des villosités arachnoïdiennes, qui agissent comme des soupapes et régulent la pression. Si la pression de LCR augmente, les villosités s’ouvrent pour laisser échapper le LCR.

Rôles

Le LCR a tout d’abord un rôle de protection mécanique. En e et, le cerveau est un organe extrême- ment fragile, protégé par une structure osseuse, la boite crânienne. Le LCR prévient les chocs directs du cerveau sur l’os (traumatismes crâniens). Il faut noter que cette protection est peu efficace chez le nourrisson, chez qui les espaces péri-cérébraux sont élargis. Si l’on tient compte en outre du fait que les muscles du cou assurant le maintien de la tête sont très faibles, on comprend aisément que secouer un bébé puisse avoir des conséquences dramatiques.

Le LCR a également un rôle de tampon et permet de maintenir un environnement physico-chimique constant. Il apporte des éléments nutritifs et assure l’élimination de divers solutés. Cette fonction est rendue possible par le fait que le plexus choroïde (la paroi du ventricule qui fabrique le LCR) autorise des échanges entre le sang et le LCR. Par exemple, le CO2 passe très facilement du sang vers le LCR. Ainsi, une élévation de la pression partielle de CO2 dans le LCR contribue à stimuler les centres respiratoires a n de compenser cet excès.

En médecine.

À partir de quelques millilitres de LCR prélevés par ponction lombaire, un examen cytochimique et bactériologique permet de faire le diagnostic de maladies infectieuses (méningite…), inflammatoires (sclérose en plaque…), ou de détecter des métastases de cancer (lymphome notamment). Depuis peu, elle aide au diagnostic de la maladie d’Alzheimer, en mettant en évidence des biomarqueurs qui reflètent les lésions neuropathologiques cérébrales caractéristiques de la maladie (peptide Aβ1-42, protéine tau). En n, la ponction lombaire permet aussi de mesurer la pression intracrânienne et ainsi de détecter un éventuel œdème cérébral ou un hématome.