Sélectionner une page

15 – Physiologie : Les épithéliums

Les épithéliums se renouvellent constamment et possèdent une organisation architecturale carac­téristique:

  • une ou plusieurs couches de cellules jointives reposant sur une matrice extracellulaire spéciali­sée, la membrane basale, qui les sépare des tissus conjonctifs voisins;
  • très peu de milieu et de matrice extracellulaire;
  • une absence de vaisseaux sanguins;
  • une polarité morphologique très prononcée. À leur apex, vers la cavité (ou lumière), les cellules pré­sentent un pôle morphologique et fonctionnel appelé pôle apical (ou luminal). Les surfaces latérales et le pôle opposé des cellules épithéliales, vers la membrane basale, constituent le pôle basolatéral. On distingue les épithéliums de revêtement et les épithéliums glandulaires.

Spécialisations et classifications des épithéliums

Les épithéliums sont constitués d’une couche de cellules reposant sur la membrane basale (épithé­lium simple et épithélium pseudostratifié) ou de plusieurs couches (épithélium stratifié) de cellules de forme aplatie (épithélium pavimenteux), cubique (épithélium cubique) ou allongée (épithélium cylindrique ou prismatique).

Des systèmes de spécialisations peuvent être présents aux pôles fonctionnels.

  • Au pôle apical : microvillosités (des replis digitiformes de la membrane plasmique qui aug­mentent sa surface), cils (structures motiles qui permettent de déplacer des particules ou des liquides dans la lumière), grains de sécrétion ou de mucus.
  • Au pôle basolatéral: systèmes d’adhésion à la matrice et jonctions cellule-cellule.

Les différents types d’épithéliums : L’épithélium pseudo-stratifié se caractérise par la présence d’une seule assise de cellules reposant toutes sur la membrane basale mais n’atteignant pas systématiquement la lumière.

Les épithéliums de revêtement

Les épithéliums de revêtement constituent la paroi interne des cavités ouvertes sur le milieu extérieur (lumière digestive, respiratoire, urinaire), la paroi interne des cavités isolées de l’extérieur (cavités pleurale, péritonéale, péricardique, ventricules cérébraux), et la paroi interne du système circulatoire (vaisseaux sanguins, oreillette et ventricule). Ils séparent donc le milieu intérieur du milieu extérieur. Toute molécule pénétrant dans le milieu intérieur ou en sortant, doit passer cette barrière. Les épithéliums de revêtement assurent les fonctions suivantes:

  • protection contre la déshydratation, les agressions microbiennes, chimiques et physiques (couche superficielle de la peau: épiderme, épithéliums de la partie antérieure du tube digestif, de l’urètre et du vagin). Ces épithéliums sont le plus souvent des épithéliums stratifiés.
  • échange peu sélectif et très rapide de gaz. Ces épithéliums sont formés d’épithéliums simples pavimenteux (paroi des alvéoles pulmonaires et des vaisseaux sanguins).
  • transport spécifique et sélectif de molécules et d’ions au niveau des épithéliums digestifs (fonction d’absorption des nutriments) et urinaires (fonction d’excrétion). Ce sont également des épithéliums simples.
  • motilité et déplacement de particules ou de liquides pour les épithéliums ciliés. Ils sont obser­vés au niveau des voies respiratoires supérieures et permettent, grâce aux mouvements des cils d’évacuer les particules vers l’air extérieur.

Les épithéliums glandulaires

Ces épithéliums ont pour fonction principale la production et la libération d’un produit de sécrétion vers le milieu extérieur (ce sont les glandes exocrines) ou le milieu intérieur (ce sont les glandes endocrines, qui sécrètent des hormones dans le sang). Les cellules glandulaires peuvent être disséminées dans un épithélium de revêtement (cellules caliciformes de l’intestin ou de la trachée), ou regroupées en glandes pluricellulaires (glandes salivaires) qui déversent leurs secrétions dans des canaux.

Les glandes exocrines produisent des secrétions soit de nature aqueuse, les secrétions séreuses, riches en ions et/ou en enzymes (suc pancréatique, sueur), soit de nature visqueuse, les sécrétions muqueuses (ou mucus), caractérisées par la présence de mucines, des glycoprotéines. Ce mucus joue le rôle de lubrifiant et est sécrété notamment dans les voies respiratoires et digestives.
Les produits de sécrétion sont libérés par exocytose (sécrétion mérocrine), détachement de l’apex cellulaire (sécrétion apocrine) ou lyse (sécrétion holocrine).

Mode de sécrétion des épithéliums glandulaires.